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Je pense que de toute ma vie je ne me suis jamais trouvée bien. J’ai toujours eu des problèmes avec certaines parties de mon corps que je détestais. J’ai toujours envié les autres filles tellement plus jolies que moi et du plus loin dont je me rappelle, je me suis toujours trouvée trop grosse pour porter les vêtements que je souhaitais. Les complexes, ça gâche la vie !

Tu es née pour être réelle, pas pour être parfaite

Au collège, on se moquait de mon nez et de mon grain de peau irrégulier… première fixette. J’ai les grandes dents de mon père et je les déteste. Et en plus, j’en ai une qui sort du rang alors pendant un temps je ne voulais plus sourire… J’aurai aimé être grande et élancée et au lieu de ça je suis petite aux fesses rondes et avec une petite bouée. Alors je voulais maigrir… Avoir les cheveux bouclés alors qu’ils sont raides, les yeux verts alors qu’il sont marrons, hâlée alors que je suis blanche… Etre différente de ce que je suis, être une autre en somme !

Quelle sottise n’est-ce pas ? De l’extérieur, tout cela peut sembler tellement ridicule. Mais au fond tous les complexes sont ridicules sauf pour ceux ou celles qui les vivent. Je vis avec eux depuis plus de quinze ans et aujourd’hui j’ai eu un déclic. J’ai 26 ans et j’ai réalisé que je ne pourrais jamais atteindre cette « autre moi » si parfaite, si jolie, si efficace et tellement irréelle. Il y aura toujours quelque chose qui n’ira pas, je ne peux pas allonger mes jambes ou me faire un ravalement de façade. Par contre, je peux tout à fait décider de m’aimer. De m’aimer pour une fois telle que je suis, maintenant, comme ça, sans vouloir changer.

Et ensuite, je vous ai rencontré.

Cette bulle numérique que je me suis crée et votre regard bienveillant sur moi m’aide beaucoup à m’accepter. Au début, lorsque j’ai ouvert ce blog je ne voulais pas me montrer de peur de n’être pas assez bien. Le syndrome des couvertures de magasines… Depuis que je couds des vêtements, je me suis rendue à l’évidence qu’il serait très difficile de ne pas me prendre en photos. Sur le cintre, ce n’est quand même pas la même chose, on ne se rend pas compte de la vraie forme du vêtement. Je vous avoue, sur le coup je ne m’aime JAMAIS en photos. Vous l’avez remarqué ici, j’ai toujours quelque chose à redire. Un truc qui me choque alors que personne d’autre ne le voit. Et ça me rend triste…

Mais lorsque je reprends ces même photos quelques temps après, je réalise que finalement c’était pas si mal. Et que ce que l’on remarque en premier c’est mon sourire. « En fait Val, j’ai l’air rigolote comme fille ! » dis-je. « Oui, mais mon cœur tu ES rigolote« . Je pense que je fais tellement une fixette sur la fille que je voudrais être et que je ne suis pas, que je ne me rends pas compte que la fille que je suis est quand même bien. Vous me le dites, bien sûr, mais je reste campée sur mon idéal à moi qui est vraiment très haut et je ne vous entends pas.

Rectification, je ne vous entendais pas. Parce qu’aujourd’hui j’ai décidé qu’il fallait enfin m’accepter telle que je suis. Je sais que j’ai beaucoup de bons côtés à montrer et que les mauvais ne se voient pas tant que ça. Je relis vos messages et je me dis que je suis bête de me prendre tant la tête. On n’a qu’une seule vie et finalement c’est dommage de se la gâcher pour quelques kilos en trop. Ce n’est pas une dent de travers qui vous empêche d’aimer mon sourire alors pourquoi m’obstiner à la détester autant ? Et ces vêtements, pourquoi devrai-je tout faire pour m’adapter à ceux alors que finalement se sont eux qui doivent s’adapter à moi ! Et ça tombe plutôt bien puisque je suis couturière et que je peux faire tout ce que je veux. ;)

Sois celle que tu veux être et non pas celle que les gens veulent voir.

Bref, j’ai décidé d’essayer de m’améliorer. De mettre mes complexes au placard et de passer au dessus. Je vais faire le deuil de cette femme parfaite (qui entre parenthèse est aussi censée avoir un boulot stable, une maison à elle, bien entretenue et une armée d’enfants… mais on en reparlera plus tard !! *sujet qui fâche n°2*) que je ne suis pas et que je ne serai jamais. Parce que je suis juste moi, avec mes angoisses, mes défauts, mes qualités, mon sourire… mes envies farfelues parfois et mes lubies (ahah)… et c’est juste bien ainsi. :)

Sois libre ! De faire ce que tu veux.

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Et vous de votre côté, comment gérez-vous vous complexes ?